Une méthode originale de culture
des PINGUICULAS rupicoles
(1ère partie)


(Serge Lavayssière)
précédemment paru dans le bulletin n°31 de Dionée


Contrairement à la plupart des plantes carnivores, certaines grassettes se sont adaptées à une vie rupicole, sur un milieu très calcaire, poussant accrochées sur les parois humides verticales de falaises ou de gorges de torrents. Parmi elles nous trouvons Pinguicula vallisneriifolia, certaines sous-espèces de Pinguicula grandiflora et Pinguicula longifolia, et même dans certains cas Pinguicula vulgaris. Certaines espèces mexicaines (Pinguicula gypsicola) sont également succeptibles de s'accommoder de tels milieux.


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Pinguicula vallisneriifolia

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Pinguicula longifolia

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Pinguicula grandiflora

Lors de mon départ en Espagne durant l'été dernier, j'ai rendu une visite à Jean-Jacques Labat, que je remercie encore pour son accueil chaleureux. J'ai pu constater avec plaisir qu'il avait très bien réussi à garder quelques plants de Pinguicula vallisneriifolia issus des graines que j'avais ramassées durant l'été 1990. Si mes plantules survivantes cultivées sur vermiculite (toutes celles que j'ai gardées sur compost tourbeux sont mortes) ne mesurent 3 ans après qu'1cm de diamètre, celles de Jean-Jacques présentent des feuilles de 5cm de long. La méthode utilisée réussit aussi fort bien semble-t-il avec Pinguicula longifolia et d'autre grassettes rupicoles.


Les racines s'incrustant dans les failles des roches, ces plantes ne nécessitent pas une grande quantité de sol, aussi des pots en terre de 6cm sont-ils souvent suffisants. Le compost très drainant est composé de boulettes d'argile (1cm de diamètre), de vermiculite, et de tourbe brune, moins acide que la tourbe blonde. Les pots ne sont pas placés dans un bac horizontal mais rangés sur une plaque de polystyrène percée de trous au format adéquat (utilisés dans les jardineries pour le transport et parfois la présentation des plantes en petits pots). La plaque est disposée en position quasi-verticale, au dessus d'un réservoir d'eau fraîche. L'arrosage est effecté au moyen d'un pompe qui, monte l'eau jusqu'à un tuyau percé de petits trous, disposé en haut de la plaque de manière à assurer un ruissellement permanent sur toute la largeur de la plaque. L'eau coulant sur le polystyrène humidifie les plantes à travers les parois poreuses des pots. Les plantes se retrouvent ainsi sur un support vertical, humidifiées par un flot constant d'eau fraîche non stagnante. Elles semblent répondre tout à fait favorablement à ce traitement qui s'efforce de reproduire les conditions naturelles qui leur conviennent.



A NOTER : Jürg F. Steiger décrivait déjà une installation similaire dans Carnivorous Plants Newsletter, Vol IV, n°1, Mars 1975.